Le réseau des « cinémas du monde »

Le constat

Depuis un certain nombre d’années, nous avons l’impression que notre société se fragmente, communique mal et que des stigmatisations se cristallisent. Cette crispation peut s’expliquer de part les inégalités sociales, de plus en plus importantes, mais aussi de part une peur de l’autre, liée à une méconnaissance de ce dernier. Cette impression se retranscrit très concrètement dans notre société à travers deux points :

1) La montée d’idéologies qui favorisent le repli sur soi
2) L’universalisation d’un modèle de société où les minorités et la diversité sont de moins en moins reconnues

De ce constat, il nous semblait important d’agir. C’est alors qu’est né ce projet.

L’idée

Si le monde se replie sur lui même, alors pourquoi ne pas aller à contre courant ? Et si les minorités peuvent parfois être mise à l’écart, incomprise, alors pourquoi ne pas leur donner la reconnaissance dont elles ont besoin ? À la modeste échelle d’une petite association de cinéma, à travers le projet de réseau des « cinémas du monde » c’est ce que nous cherchons à faire. Pour cela, nous travaillons sur deux axes :

1) Créer de nouveaux liens avec des structures étrangères, qui œuvrent ailleurs, dans d’autres lieux, dans d’autres espaces, mais qui, comme nous, défendent une conception du cinéma dans sa diversité, qui ne défendent non pas un modèle culturelle unique, mais un modèle pluriel où il n’existe pas « La Culture », avec un grand C, celle qui vient d’en haut et qui serait l’unique digne de ce nom, mais des cultures, que l’on peut échanger, partager, refuser, mais en tout cas débattre et interroger.
2) Proposer de diversifier nos regards sur la société, sur le cinéma qu’il produit, en montrant des histoires singulières, que l’on peut partager le temps d’une projection, qui permettra ensuite d’échanger sur nos différents rapports au monde.

Ce programme s’effectue donc d’abord par une mise en réseau et la création de partenariat, ensuite par l’organisation de projections et d’événements cinématographiques.

Concrètement, comment ça se passe ?

Chaque structure intéressée par ce projet est évidemment invitée à nous contacter ! L’idée générale est que ce partenariat fonctionne par réciprocité. À travers notre réseau d’association Entre Les Mailles :

– nous proposons à la structure partenaire de nous envoyer des films dont elle a les droits de diffusion, pour que nous puissions éventuellement les projeter via les événements qu’Archipel organise.
– et à l’inverse, nous lui envoyons les films qui sont passés par notre collectif d’auteurs afin qu’ils puissent, eux aussi, être éventuellement projetés par la structure partenaire.

Ce partenariat est sans obligation. Les films qui sont reçus sont évidemment regardés, mais pas forcément diffusés. Cette décision est à l’appréciation de la structure qui va organiser une éventuelle projection. Le partenariat n’est donc pas plus engageant que cela. Il ne repose que sur une seule règle : quand une structure partenaire nous envoie un film, nous le regardons systématiquement afin de juger si nous pourrons ou non le programmer un jour lors d’un événement. L’idée de ce partenariat reste donc bien de s’ouvrir aux autres, de voir ce qu’ils font, et de pouvoir construire des moments de partage plus forts.

En ce moment, on fait quoi ?

Pour des raisons liées aux membres de nos associations, à leur connaissance des réseaux et à leurs compétences linguistiques, nous avons porté notre attention sur deux espaces : le monde latino-américain, et le Maghreb. Loin de l’idée essentialiste, ces deux projets visent à montrer la diversité de ces pays et ces cultures (cliquez sur les icônes ci-dessous pour plus d’informations). Par ailleurs, cela nous permet aussi à nous de réinterroger notre place dans le monde, notre rapport avec l’histoire, et notamment notre passé colonial.

Et après, qu’est-ce qu’on fait ?

Les partenariats peuvent évidemment rester sur ce simple échange mutuel (et c’est déjà très bien). Si ces échanges marchent bien et que nous ressentons le besoin d’aller plus loin, alors évidemment nous nous en priverons pas. Ateliers cinéma à l’étranger, rencontres cinématographiques, festivals, échanges d’auteurs, les idées sont nombreuses, et ce sera une grande joie de voir celles-ci se concrétiser. En attendant, nous pouvons toujours continuer à échanger à distance, nous transmettre et faire vivre nos films, et à travers cela : discuter et partager nos différentes conceptions du cinéma, de la société, et de la vie !